Une femme marche au milieu des ruines après les crues soudaines dans le district de Nuwakot, au Népal, mardi.

Nuwakot (Népal) (AFP) - Le bilan des morts des inondations glaciaires dévastatrices de l'Himalaya a franchi la barre tragique des 1 000 mardi, alors que des équipes chinoises et népalaises recherchent des survivants, dont des dizaines que l'on craint piégés dans des tunnels hydroélectriques.

Près de 4 500 personnes sont portées disparues après qu'une vague gigantesque d'eau glacée, de roches et de débris, déclenchée par l'effondrement d'un glacier en haute altitude, a déferlé en aval mercredi, rasant des villages entiers et semant la destruction à travers le Népal.

Les équipes de secours népalaises creusent, forent et font sauter les décombres dans une course contre la montre désespérée pour libérer une centaine de travailleurs de centrales hydroélectriques présumés piégés dans plusieurs tunnels.

Jusqu'à présent, les secouristes n'ont récupéré que des corps dans des tunnels obstrués par la boue, et l'espoir de trouver des survivants s'amenuise.

Les ouvriers des excavatrices ont travaillé jusque tard dans la nuit de mardi à mercredi, mais un communiqué de l'armée a indiqué qu'« une grande quantité d'eau a commencé à s'écouler » dans un trou qu'ils étaient en train de creuser, les obligeant à en commencer un nouveau.

Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a qualifié la catastrophe d’« inimaginable et déchirante ».



Mercredi, une vague gigantesque d'eau glacée, de roches et de débris provenant d'un effondrement glaciaire en haute altitude a déferlé en aval. Cette vague gigantesque a déferlé sur les eaux glaciales.

Face à la saturation des morgues au Népal, les autorités ont commencé à enterrer des centaines de corps non identifiés après des prélèvements d'ADN.

Au moins 17 corps ont également été repêchés dans des rivières en aval, en Inde.

La police, utilisant un drone pour rechercher des survivants, a déclaré mardi avoir localisé 24 corps dans une seule maison du district de Nuwakot.

Le ministre des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a déclaré qu'il espérait encore que certaines des milliers de personnes disparues soient encore en vie.

« Les miracles existent », a-t-il déclaré à l’AFP lors d’un entretien. « À ce stade, je ne veux pas perdre tout espoir. »

- «Retrouver leurs corps» -

Dans la capitale, Katmandou, des foules se sont massées pour rechercher leurs proches disparus.



Infographie présentant une représentation 3D d'une image satellite Copernicus Sentinel-2 du 12 août 2026 du sommet du Langtang-Lirung au Népal, où l'effondrement d'un glacier a provoqué des inondations meurtrières le 26 août.

Debu Sapkota, un chauffeur de 58 ans, a publié des photos de sa belle-mère de 83 ans et de sa petite-fille, ainsi que des dizaines d'autres photos.

Sapkota a déclaré qu'il avait peu d'espoir qu'ils survivent après que des témoins les aient vus emportés par le torrent.

« Je suis ici dans l’espoir de retrouver leurs corps », a-t-il déclaré.

Certains, persuadés de ne jamais retrouver leurs proches disparus, ont organisé des funérailles symboliques selon les coutumes hindoues népalaises.

« Nous avons cherché partout, nous sommes allés dans les morgues de tout le pays, mais nous n'avons pas pu retrouver son corps », a déclaré Jeevan Shrestha, tandis que son neveu de 12 ans mettait le feu à une minuscule effigie de paille représentant son père disparu.

Les besoins en aide humanitaire sont immenses. Des communautés entières ont été emportées par les eaux, laissant des familles sans abri et contraintes de se réfugier dans des abris de fortune alors que des pluies torrentielles s'abattent sur elles.

Des routes et des dizaines de ponts ont été détruits, et des centrales électriques anéanties.

« Les défis sont trop nombreux », a déclaré l’officier de police E. Hawadi dans le district de Nuwakot, fortement touché.

- Changement climatique -

Des photographes de l'AFP présents à Nuwakot mardi ont constaté que des personnes fouillaient la boue à la recherche d'objets utilisables et installaient des bâches en plastique pour s'abriter dans les ruines.



Face à la saturation des morgues au Népal, les autorités ont commencé à enterrer les centaines de corps non identifiés après des prélèvements d'ADN.

Parmi les étrangers absents de la liste figurent 583 Népalais et 261 Chinois, originaires de plus de 30 pays.

Parmi eux, des touristes venus faire du trekking dans l'Himalaya, ainsi que des pèlerins hindous en quête de paix spirituelle au mont Kailash, montagne sacrée du Tibet.

L'économie népalaise est déjà sous pression, avec des ressources limitées pour faire face à une catastrophe de cette ampleur.

Katmandou a averti que les coûts de reconstruction pourraient se chiffrer en « milliards de dollars ».

La colère grandit face à l'ampleur des destructions qui frappent le Népal, pays majoritairement rural de 30 millions d'habitants.

Ce pays a peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, mais il figure parmi ceux qui en subissent les conséquences.

Le ministre des Affaires étrangères, Khanal, a déclaré à l'AFP que « cette catastrophe doit être considérée comme un signal d'alarme quant aux risques que le changement climatique fait peser sur le Népal », ajoutant que le soutien devrait être envisagé « dans une perspective de justice climatique ».

Les scientifiques affirment que l'Himalaya, la plus haute chaîne de montagnes du monde, se réchauffe rapidement à mesure que les températures mondiales augmentent, accélérant ainsi la fonte des glaciers.

Les glaciers des chaînes himalayennes et de l'Hindou Kouch constituent une source d'eau essentielle pour environ 240 millions de personnes dans les régions montagneuses, ainsi que pour 1,65 milliard d'autres personnes dans les vallées fluviales d'Asie du Sud et du Sud-Est situées en contrebas.

« Cela affecte l'ensemble de la civilisation de la région himalayenne », a déclaré Khanal.

- « Pleurez les victimes » -

Le Népal a annoncé mardi que 1 050 corps avaient été retrouvés, tandis que 3 916 personnes étaient toujours portées disparues.



Des responsables chinois et des policiers paramilitaires assistent à une cérémonie commémorative en hommage aux victimes d'un glissement de terrain au poste de police du port de Gyirong, au Tibet.

Les médias d'État chinois ont fait état de 16 morts et 546 disparus.

Cela porte le nombre total de morts signalés à 1 066 et celui des disparus à 4 462.

En Chine, le Tibet est largement inaccessible aux journalistes étrangers, et les autorités chinoises sont la seule source d'information officielle.

Plus de 2 000 personnes participent aux opérations de sauvetage, dont des soldats, a ajouté l'agence Xinhua.

L'organisation a déclaré mardi que des équipes travaillaient « jour et nuit pour rechercher des survivants, réparer les routes, installer des stations de base de communication et rétablir les lignes électriques ».

Des organisations de défense des droits des Tibétains en exil ont remis en question la version chinoise de la catastrophe, mais Pékin insiste sur le fait que « la diffusion des informations a été ouverte, transparente et opportune ».

burs-pjm/lga