Kylian Mbappé n'a pas réussi à marquer et le rêve de la France d'atteindre une troisième finale de Coupe du monde consécutive s'est brisé face à l'Espagne.

Arlington (États-Unis) (AFP) - La France est arrivée en demi-finale de la Coupe du monde saluée comme la force offensive la plus scintillante à avoir honoré le tournoi depuis la légendaire équipe du Brésil de 1982.

Mais comme Zico, Eder, Falcao et Socrates avant eux, Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont appris à leurs dépens que le football spectaculaire n'est pas une garantie de survie.

Une campagne française jusque-là brillante, pleine de feux d'artifice offensifs, s'est éteinte comme un feu d'artifice raté du 14 juillet, avec une douloureuse défaite 2-0 qui risque de ternir l'héritage de l'entraîneur Didier Deschamps.

Ensemble, Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Bradley Barcola et Désiré Doué avaient permis à la France d'inscrire 16 buts en six matchs avant d'atteindre la demi-finale de mardi.

Mais lors de la véritable démonstration de force espagnole au AT&T Stadium d'Arlington, au Texas, il a fallu plus de 75 minutes à la redoutable puissance offensive française pour enfin cadrer un tir.

À ce stade, l'Espagne maîtrisait parfaitement la situation, menant 2-0 tandis que les joueurs des Bleus prenaient conscience qu'un arsenal n'est puissant que si ses munitions le sont.

Avec les lignes de ravitaillement coupées depuis le milieu de terrain par le talentueux trio espagnol composé de Rodri, Dani Olmo et Fabian Ruiz, la France s'est retrouvée sans solution.

« Nous nous sommes constamment retrouvés en infériorité numérique (3 contre 2) au milieu de terrain », a déclaré Mbappé. « Et face à l'Espagne, c'est un vrai problème… Au final, le résultat est une défaite. C'est une énorme déception. »

« Je ne pense pas que nous ayons joué le match que nous souhaitions jouer, que ce soit sur le plan tactique, technique ou en termes de niveau de performance global », a ajouté Mbappé.

« Et quand on ne fait pas ce qu'on est censé faire en demi-finale de Coupe du monde, on ne gagne pas. »

Deschamps, quant à lui, quittera son poste de sélectionneur de l'équipe de France avec un sentiment amer de déception après une campagne qui, ces cinq dernières semaines, promettait de se conclure en apothéose.

Cela amènera également beaucoup de gens à se demander comment Deschamps a pu ne pas élaborer de plan tactique pour contrer le jeu de passes réputé de l'Espagne.

- 'Fier de tout' -

Après avoir déjà orchestré une victoire en Coupe du monde en 2018, et mené la France à deux doigts d'une autre victoire aux tirs au but en 2022, une sortie triomphale dans le New Jersey semblait à portée de main.

« Sur le plan personnel, il n’est pas vraiment important que je quitte cette compétition en demi-finale ou en finale », a insisté Deschamps.



Michael Olise, qui concurrence l'Espagnol Lamine Yamal, est l'un des jeunes talents capables d'aider la France à se remettre de sa déception en Coupe du monde.

« Ce n’est pas le moment de parler de l’avenir. Et je suis extrêmement heureux. Je suis très fier de tout ce que nous avons accompli avec l’équipe nationale. »

« J’ai eu la chance, en tant que joueur, de vivre de grands moments. Aujourd’hui n’en est pas un, mais je pense que nous devons l’accepter sans oublier tout ce que nous avons vécu jusqu’à présent. »

Mbappé, quant à lui, ruminait sa saison interrompue prématurément. Une victoire mardi aurait permis au joueur de 27 ans de devenir le deuxième joueur de l'histoire, après le Brésilien Cafu en 1994, 1998 et 2002, à disputer trois phases finales de Coupe du monde.

Au lieu de cela, la star du Real Madrid se rendra au Hard Rock Stadium de Miami avec l'équipe de France pour disputer samedi le redoutable match pour la médaille de bronze.

Mais Mbappé a affiché une attitude de défi lors de l'élimination de la France du tournoi, insistant sur le fait qu'une équipe regorgeant de talent aurait les moyens de se relever à l'approche du Championnat d'Europe 2028.

« C’était un rêve pour nous d’atteindre la finale, de donner à notre pays la chance de continuer à rêver et d’écrire l’histoire », a-t-il déclaré.

« C’est une situation que nous devons affronter avec dignité. Je crois que lorsqu’on gagne, on gagne la tête haute ; de même, lorsqu’on perd, il faut perdre la tête haute. »

« Mais pour l’instant, la déception est immense. J’ai du mal à exprimer à quel point l’équipe et moi-même sommes déçus. »

« Même si cela peut parfois paraître un peu mécanique, nous devons nous ressaisir, prendre des vacances et passer à autre chose. Car le football n'attend personne. Nous devons repartir à zéro, oublier cet échec et en tirer des leçons. »