Le point culminant du voyage sera une messe en plein air au stade Louis II, qui devrait rassembler 15 000 personnes.

Monaco (AFP) - Le pape Léon XIV a dénoncé samedi le fossé grandissant entre les riches et les pauvres lors de sa visite à Monaco, un terrain de jeu pour millionnaires, choix surprenant pour son premier voyage en Europe occidentale depuis son pontificat.

Arrivé en hélicoptère de Rome, le pape a été accueilli par le prince Albert II, souverain de Monaco, et son épouse, la princesse Charlène, à l'héliport de Monte-Carlo sous un soleil radieux.

À peine arrivé dans la petite principauté de la Côte d'Azur, Léon a condamné ce qu'il a appelé le creusement des « fossés entre les pauvres et les riches ».

Dans un discours prononcé en français depuis le balcon du Palais princier, le pape américain a dénoncé « les configurations injustes du pouvoir, les structures du péché qui creusent des abîmes entre les pauvres et les riches, entre les privilégiés et les rejetés, entre les amis et les ennemis ».

Il a ajouté que la richesse devrait servir « le droit et la justice, surtout à un moment historique où les démonstrations de force et la logique de l'omnipotence blessent le monde et mettent en péril la paix », faisant clairement référence au nombre croissant de conflits à travers le monde.

- Les cloches sonnent -

Les cloches ont sonné dans toute la principauté pour marquer l'arrivée de Leo dans ce micro-État niché sur la Méditerranée entre la France et l'Italie.

Les habitants se sont rassemblés devant le palais, beaucoup brandissant des drapeaux rouges et blancs de la principauté et des drapeaux jaunes et blancs du Vatican.

« Je tremble, c'est tellement émouvant et je suis si fière », déclare Alix Pearce, une représentante commerciale de 34 ans venue avec sa famille.

Le long du parcours de la papamobile sur la rue Grimaldi, une artère principale, les commerçants avaient décoré leurs vitrines aux couleurs des deux petits États pour marquer l'occasion.

Depuis le palais, le pape devait se rendre à la cathédrale de l'Immaculée Conception pour rencontrer la communauté catholique, puis sur la place devant l'église Sainte-Dévote, dédiée à la sainte patronne de Monaco.


Monaco entretient des liens de longue date avec le Saint-Siège.

Dans les rues de cette minuscule cité-État, des panneaux publicitaires montrant le pontife en tenue d'apparat offraient un contraste saisissant avec les voitures de sport rutilantes et les foules de touristes qui se bousculaient.

Le point culminant sera une messe en plein air au stade Louis II, qui devrait rassembler 15 000 personnes.

« Le pape rassemble les gens », a déclaré Eric Battaglia, artiste et musicien monégasque de 64 ans. « Dans un monde en guerre depuis quelques années, c’est une bénédiction qu’il existe des personnes comme lui, qui s’efforcent de préserver l’humanité des êtres humains. »

Le pape Léon XIII devait prononcer des discours sur la protection de l'environnement – ​​une cause chère au prince Albert –, le rôle de Monaco en Europe et « la protection de la vie sous toutes ses formes », selon Matteo Bruni, directeur du bureau de presse du Vatican.

Cette phrase englobe l'opposition à l'avortement, interdit dans la principauté, et à l'euthanasie, mais sert également de condamnation de tout conflit, à une époque de guerre au Moyen-Orient qui déstabilise l'économie mondiale.

Monaco est l'un des rares pays d'Europe où le catholicisme demeure religion d'État, et il entretient des relations diplomatiques de longue date avec le Saint-Siège.

Bien que seulement environ huit pour cent des citoyens se déclarent catholiques pratiquants, les bancs d'église sont l'un des rares endroits où se côtoient milliardaires, femmes de ménage et ouvriers du bâtiment.

- « Signe puissant » -

« Cette visite est un signe fort qui témoigne de l’importance de la Principauté dans le monde chrétien catholique », a déclaré le prince Albert dans une interview accordée au quotidien local Nice-Matin.

Le prince a ajouté qu'il partageait avec le Vatican des causes communes, notamment la solidarité internationale et « la promotion de la paix par le sport ».

Bien que certains habitants aient affiché leur indifférence à la visite papale, Isabel Fissore, la propriétaire de 62 ans d'une petite bijouterie, était parvenue à obtenir des invitations pour assister à des rencontres avec le pontife.



Le prince Albert II et la princesse Charlène ont accueilli le pape à l'héliport de Monaco.

« C’est historique : les deux plus petits États du monde s’unissent pour diffuser un message de paix, de lumière et d’amour à travers le monde. Nous sommes peut-être une petite nation, mais nous avons un grand cœur », a déclaré Fissore à l’AFP.

L’archevêque de Monaco, Monseigneur Dominique-Marie David, a déclaré que le pape tend la main aux « autres cultures, autres pays, autres origines et autres langues » de la principauté, qui abrite quelque 140 nationalités.