L'ancienne ministre Rachida Dati espère ramener Paris sous le contrôle de la droite.

Paris (France) (AFP) - Les électeurs ont voté dimanche pour les maires des principales villes françaises, la gauche luttant pour conserver Paris tandis que l'extrême droite espère des gains en vue de l'élection présidentielle de l'année prochaine.

La plupart des quelque 35 000 villages, villes et arrondissements du pays ont élu leurs dirigeants lors d'un premier tour le week-end dernier, mais des seconds tours ont été nécessaires dans environ 1 500 communes, y compris dans les grands centres urbains.

Les scrutins locaux sont suivis de près pour sonder l'opinion publique et les alliances potentielles entre partis avant l'élection d'un successeur au président centriste Emmanuel Macron l'année prochaine, l'extrême droite y voyant sa meilleure chance à ce jour de s'emparer du pouvoir.

Les favoris à Paris sont le gauchiste Emmanuel Grégoire (à droite) et Dati (au centre).

Patrice Laurent, 77 ans, figurait parmi les électeurs qui ont voté dimanche matin à Paris, capitale de quelque deux millions d'habitants dirigée par la gauche depuis 25 ans.

« Je ne veux pas que la ville bascule à droite », a-t-il déclaré devant une école transformée en bureau de vote dans un quartier du nord-est.

La course est serrée entre le candidat de gauche Emmanuel Gregoire – ancien adjoint de la maire socialiste sortante Anne Hidalgo – et sa principale rivale, l'ancienne ministre de droite Rachida Dati.

L'ancienne ministre de la Justice et de la Culture, protégée de l'ancien président Nicolas Sarkozy, aujourd'hui condamné, espère conquérir Paris pour la droite et devenir sa deuxième femme maire consécutive.

- « Un choix sincère » -

Dati, qui doit comparaître en septembre pour des accusations de corruption qu'elle nie, a vu ses chances augmenter après le retrait d'un candidat de centre-droit et d'un candidat d'extrême droite.

Le socialiste Grégoire a refusé de s'allier avec le parti d'extrême gauche LFI, divisant ainsi le vote de gauche.

Mais Grégoire avait refusé l'aide d'un candidat d'extrême gauche qui est resté dans la course, divisant ainsi le vote de gauche.

Lors des récentes élections, les gauchistes et les centristes se sont alliés contre l'extrême droite, mais la gauche est fracturée depuis le passage à tabac mortel, le mois dernier, d'un militant d'extrême droite, un acte imputé à des extrémistes de gauche.

Agnès Kaveh, consultante en cybersécurité de 41 ans, n'a pas voulu dire qui elle avait choisi comme maire de Paris.

Mais elle a déclaré qu'elle pensait que cela devrait être « un choix sincère, basé sur ce que nous apprécions dans notre vie quotidienne et sur ce que nous croyons être bon pour les autres ».

La candidate RN Laure Lavalette (à droite) – ici avec Marine Le Pen (à gauche), candidate à la présidence à trois reprises – espère remporter l'élection à Toulon.

Ailleurs en France, le parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen espère de meilleurs résultats que lors des précédents sondages locaux.

Le RN affirme avoir été réélu dimanche dernier, avec ses alliés, dans 10 communes, dont Perpignan, ville du sud comptant 120 000 habitants – la plus grande ville de France à être dirigée par le parti d'extrême droite.

Ils affirment également avoir remporté la victoire pour la première fois dans 14 autres districts.

- Une nouvelle ville pour l'extrême droite ? -

Mais le parti républicain anti-immigration espère également être élu dans des régions plus vastes.

Son candidat a largement remporté le plus grand nombre de voix à Toulon, une ville du sud de l'Italie comptant 180 000 habitants. S'il l'emporte au second tour, ce serait la plus grande circonscription jamais contrôlée par le RN.

À Marseille, la deuxième plus grande ville de France, le candidat du RN, Franck Allisio, est arrivé deuxième la semaine dernière, à un seul point de pourcentage du maire sortant de gauche, Benoît Payan.

Mais la gauche semble bien partie pour rester au pouvoir, après la démission d'un candidat d'extrême gauche.

Dans la ville portuaire du Havre, au nord du pays, le candidat déclaré à la présidence, Édouard Philippe, est bien placé pour conserver son poste de maire.

Philippe, centriste qui, en tant que Premier ministre, a contribué à guider la France à travers le début de la pandémie de Covid, est considéré comme l'un des plus farouches opposants au candidat potentiel du RN à la présidentielle – qu'il s'agisse de Marine Le Pen, 57 ans, candidate à trois reprises, ou de son lieutenant de 30 ans, Jordan Bardella.

À midi (11h00 GMT), le taux de participation s'élevait à environ 20,3 %, soit une augmentation de près d'un point par rapport au score du premier tour au même moment.

Le taux de participation global au vote de la semaine dernière était de 57 %, le plus bas du pays dans les élections locales, exception faite de la dernière édition de 2020, affectée par la pandémie de Covid.

Les premiers résultats devraient arriver au compte-gouttes dans la soirée.

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